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The ecology of Atlantic cod (Gadus morhua) in Canadian Arctic lakes   /   Hardie, D.C.   Hutchings, J.A.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 137-150, ill., maps
ASTIS record 74014
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The range of limnological conditions that support Atlantic cod populations in meromictic Arctic lakes is known to be relatively restricted. The degree to which differences in these features, particularly in the availability of allochthonous and autochthonous prey, affect the condition and growth of cod in these populations is unknown. We compared measures of condition among three Atlantic cod populations on Baffin Island, Nunavut, to assess their relationship to differences in potentially important habitat parameters. We also compared data spanning two decades (Ogac Lake) to five decades (Qasigialiminiq) to assess the degree to which natural and anthropogenic factors may have affected these populations. In general, growth rate and asymptotic length tend to be high under situations of intense cannibalism and when alternative prey species are relatively abundant. Biotic and abiotic habitat features in Ogac Lake appear to have been relatively stable since the 1950s, although the abundance of sea urchins appears to have decreased, which may explain the observation that the incidence of cannibalism has doubled. The mean size of angled cod in Qasigialiminiq has decreased by about 10 cm over the past 20 years.

L'étendue des conditions limnologiques qui soutiennent les populations de morue franche dans les lacs méromictiques de l'Arctique est reconnue pour être relativement restreinte. La mesure dans laquelle les différences caractérisant ces conditions a une incidence sur l'état et la croissance des morues n'est pas connue, particulièrement en ce qui a trait à la disponibilité de proies allochtones et autochtones. Nous avons comparé les mesures des conditions de trois populations de morues de l'île de Baffin, au Nunavut, dans le but d'évaluer leur relation avec les différences caractérisant des paramètres d'habitat susceptibles d'être importants. Nous avons également comparé des données s'étendant sur deux décennies (lac Ogac) à cinq décennies (lac Qasigialiminiq) pour évaluer la mesure dans laquelle les facteurs naturels et anthropogéniques pourraient avoir une incidence sur ces populations. En général, le taux de croissance et la longueur asymptotique ont tendance à être élevés dans les situations de cannibalisme intense de même que lorsque les espèces de proies de rechange sont relativement abondantes. Les caractéristiques des habitats biotiques et abiotiques au lac Ogac semblent relativement stables depuis les années 1950, bien que l'abondance d'oursins semble avoir diminué, ce qui pourrait expliquer l'observation selon laquelle le cannibalisme a doublé. La grosseur moyenne de la morue prise à la ligne au lac Qasigialiminiq a diminué d'environ 10 centimètres ces 20 dernières années.


Paleoeskimo demography and Holocene sea-level history, Gulf of Boothia, Arctic Canada   /   Dyke, A.S.   Savelle, J.M.   Johnson, D.S.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 151-168, ill., maps
ASTIS record 74015
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Surveys in six areas along the Gulf of Boothia produced large collections of radiocarbon samples from raised beaches that yield six new relative sea-level curves and information on Holocene bowhead whale ranges. In addition, on the lower beaches, we documented 482 Paleoeskimo dwelling features spanning about 3500 years (4200-800 14C years BP). Spatial densities of sites are only about half those reported by us from adjacent regions, but other attributes are remarkably similar. On the basis of feature elevation, corroborated by radiocarbon dates, Paleoeskimo occupation appears to have passed through a series of boom-and-bust cycles, the first being the most prominent. After the first peopling about 4200 BP, populations rose between about 3900 and 3600 BP to their all-time maximum, which was followed by a dramatic crash. Population recoveries after the initial crash were small and perhaps temporary. A final increase between 1900 (1500) and 800 14C years BP was followed by the disappearance of the Paleoeskimo. No compelling evidence yet points to the cause of the population declines; climate change and resource over-exploitation are equally plausible. The frequency distributions of dwelling sizes and numbers of dwellings per site closely resemble those in adjacent regions, suggesting similar social dynamics. Specifically, dispersed nuclear families or small extended families characterized Paleoeskimo settlement patterns for most of the year, but annual aggregations involved 100 or more people. The only significant architectural change coincides with the arrival of Late Dorset people bringing distinctive triangular midpassages and soapstone lamp supports.

Des levés réalisés dans six régions situées le long du golfe de Boothia ont permis de recueillir de vastes collections d'échantillons au carbone 14 provenant de plages surélevées. Les résultats découlant de ces levés produisent six nouvelles résonances relatives du niveau de la mer de même que des renseignements sur le parcours des baleines de l'Holocène. Par ailleurs, dans le cas des plages inférieures, nous avons répertorié 482 caractéristiques d'habitations paléoesquimaudes s'étendant sur environ 3 500 ans (de 4200 à 800 14C années BP). Les densités spatiales des sites ne constituent environ que la moitié des densités qui nous avons repérées dans des régions adjacentes, mais les autres attributs sont remarquablement semblables. En ce qui a trait à l'élévation des caractéristiques, corroborée par la datation par le carbone 14, l'occupation paléoesquimaude semble avoir traversé une série de cycles d'expansion et de ralentissement, le premier de ces cycles étant le plus éminent. Après le premier peuplement vers 4200 BP, les populations se sont élevées entre 3900 et 3600 BP pour atteindre leur summum de tous les temps, ce qui a été suivi par un déclin dramatique. Les reprises de population après le déclin initial étaient minces, voire peut-être temporaires. Une dernière augmentation entre 1900 (1500) et 800 14C années BP a été suivie de la disparition des Paléoesquimaux. À ce jour, aucune preuve évidente ne nous laisse comprendre les déclins de population. Le changement climatique et la surexploitation des ressources sont des causes toutes aussi plausibles les unes que les autres. La distribution statistique relativement à la taille des habitations et au nombre d'habitations par site s'apparente de près à celle des régions adjacentes, ce qui laisse entrevoir une dynamique sociale semblable. Plus précisément, des familles nucléaires dispersées ou de petites familles étendues caractérisaient les modèles de peuplement des Paléoesquimaux pendant la plus grande partie de l'année, bien que les rassemblements annuels regroupaient une centaine de personnes ou plus. Le seul changement architectural important coïncide avec l'arrivée du peuple du Dorset tardif ayant mis en valeur des couloirs triangulaires distinctifs et des supports à lampes en saponite.


Connections between river runoff and limnological conditions in adjacent High Arctic lakes : Cape Bounty, Melville Island, Nunavut   /   Stewart, K.A.   Lamoureux, S.F.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 169-182, ill., maps
PCSP/PPCP contribution, no. 047-09
ASTIS record 74016
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Hydrological and hydrochemical monitoring of paired watersheds in the High Arctic was conducted in 2003-04 to investigate the influence of seasonal runoff on lake water chemistry and productivity. Despite similar limnological conditions overall between the two lakes, marked differences in aquatic productivity were attributed to watershed and basin morphology and the resultant influences on lake ice deterioration and growing season length. A switch from allochthonous to autochthonous sources of carbon late in the season reflected the simultaneous decline in river runoff and increase in aquatic productivity as the growing season progressed. However, low air temperatures and protracted snowmelt and ponding in the deeply incised channel of one river in 2003 led to greater solute accumulation in runoff that was discernable in hydrochemical profiles of that lake, even though runoff was greater in 2004. Notwithstanding, calculated nutrient fluxes were greater during the higher-flow year (2004), but mixing was impeded by underflow conditions in the lakes. Despite these differences, connections between river and lake water chemistry appeared weak even with marked seasonal changes in the volume of runoff. Our results highlight the interconnection between site-specific features and hydroclimatic factors like snowmelt and lake ice conditions in influencing limnological conditions and suggest that similar systems may respond differently to the same hydroclimatic conditions.

La surveillance hydrologique et hydrochimique de bassins versants jumelés de l'Extrême-Arctique a été effectuée en 2003 et 2004 dans le but de mieux connaître l'influence du ruissellement saisonnier sur la chimie et la productivité des eaux lacustres. Malgré des conditions limnologiques généralement similaires entre les deux lacs, les différences marquées en matière de productivité aquatique étaient attribuables à la morphologie du bassin versant et du bassin de réception de même qu'aux influences résultantes sur la détérioration de la glace lacustre et la longueur de la saison qui se prolonge sans cesse. La commutation de sources de carbone allochtones à des sources de carbone autochtones vers la fin de la saison reflète le déclin simultané du ruissellement des rivières et l'augmentation de la productivité aquatique au fur et à mesure que la saison de croissance avançait. Toutefois, les basses températures de l'air ainsi que la fonte des neiges prolongée et l'engorgement dans l'un des chenaux profondément incisé d'une rivière en 2003 se sont traduits par une plus grande accumulation de soluté dans le ruissellement que ce que l'on pouvait discerner dans les profils hydrochimiques de ce lac et ce, même si le ruissellement était plus important en 2004. Néanmoins, les flux de nutriments calculés étaient plus élevés au cours de l'année ayant enregistré un plus grand débit (2004), mais le mélange était gêné par les conditions caractérisant le courant de fond des lacs. Malgré ces différences, les connexions entre la chimie de l'eau des rivières et des lacs semblait faible même en présence de changements saisonniers marqués sur le plan du volume du ruissellement. Nos résultats mettent en évidence l'interconnexion qui existe entre les caractéristiques spécifiques aux emplacements et les facteurs hydroclimatiques comme la fonte des neiges et les conditions de la glace lacustre pour influencer les conditions limnologiques, et laissent entendre que des systèmes semblables peuvent réagir différemment aux mêmes conditions hydroclimatiques.


Ancient subalpine clonal spruces (Picea abies) : sources of postglacial vegetation history in the Swedish Scandes   /   Öberg, L.   Kullman, L.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 183-196, ill., maps
ASTIS record 74017
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This study addresses the long-standing issue of postglacial immigration of Picea abies (Norway spruce) into Scandinavia. The main methodological focus is on using megafossil tree remains (wood and cones) of spruce and other species retrieved from the treeline ecotone of the Swedish Scandes as a tool for vegetation reconstruction. The core data come from radiocarbon dating of megafossils preserved in the soil underneath clonal groups of Picea abies, formed by rooting of branches that over time give rise to new upright stems. At high elevations, we found living spruce clones, which in some cases may be part of a continuous clonal series dating back to the early Holocene (9500 cal. yr BP). The presence of Picea in the Swedish Scandes at this early stage concurs with previous megafossil inferences. This date, which places the arrival of Picea very soon after regional deglaciation, is several millennia earlier than the arrival date inferred from pollen data. The persistence of some individual Picea clones from the early Holocene thermal optimum to the present implies that permanently open or semi-open spots existed in the high-mountain landscape even during periods when treelines in general were much higher than at present. Initially, Picea clones appear to have existed in a regional no-analogue vegetation matrix of widely scattered pine (Pinus sylvestris), mountain birch (Betula pubescens ssp. czerepanovii), Siberian larch (Larix sibirica) and thermophilic broadleaved deciduous species. In response to subsequent neoglacial cooling, the alpine character of the landscape has been enhanced through a lowered pine treeline and the disappearance of larch and thermophiles. The endurance of spruces, which escaped fire and other calamities, is due to their inherent phenotypic plasticity. Increasing climatic harshness throughout the Holocene conserved them as crippled krummholz, protected from winter stress by almost complete snow coverage. The appearance of Picea abies exclusi vely in western Scandinavia shortly after the deglaciation could suggest that the species immigrated from "cryptic" ice age refugia much closer to Scandinavia than conventionally thought.

La présente étude porte sur la question de longue date relative à l'immigration postglaciaire de Picea abies (épinette de Norvège) en Scandinavie. Du point de vue méthodologique, l'accent a été mis sur l'utilisation de restes d'arbres mégafossiles (bois et cônes) provenant d'épinettes et d'autres espèces prélevées de la limite forestière de l'écotone dans les Scandes suédoises en tant qu'outil de réaménagement de la végétation. Les données fondamentales proviennent de la datation au carbone 14 des mégafossiles préservés dans le sol sous des groupements clonaux de Picea abies, formés par l'enracinement de branches qui, au fil du temps, donnent naissance à de nouvelles tiges droites. En haute altitude, nous avons trouvé des clones vivants d'épinettes qui, dans certains cas, pourraient faire partie d'une série clonale continue remontant au début de l'Holocène (9500 cal. années BP). La présence de Picea dans les Scandes suédoises à ce stade initial vient confirmer les inférences antérieures concernant les mégafossiles. Cette date, qui place l'arrivée de Picea peu après la déglaciation régionale, se trouve à être des millénaires avant la date d'arrivée inférée par les données déduites du pollen. La persistance de certains clones Picea individuels du début de l'optimum thermique de l'Holocène jusqu'à présent implique qu'il existait des endroits ouverts ou semi-ouverts en permanence dans le paysage des hautes montagnes même pendant les périodes où les limites forestières en général étaient beaucoup plus élevées qu'à présent. Initialement, les clones Picea semblent avoir existé au sein d'une matrice de végétation non-analogue régionale de pins largement éparpillés (Pinus sylvestris), de bouleaux fontinaux (Betula pubescens ssp. czerepanovii), de mélèzes de Sibérie (Larix sibirica) et d'espèces thermophiliques caduques à feuilles larges. En réaction au refroidissement néoglaciaire subséquent, le caractère alpin du paysage a été amélioré grâce à une limite forestière de pins moins élevée et à la disparition des mélèzes et des thermophiles. L'endurance des épinettes, qui ont échappé aux incendies et à d'autres calamités, est attribuable à leur plasticité phénotypique inhérente. L'intensification de la dureté du climat pendant l'Holocène a donné lieu à leur conservation sous la forme de krummholz rabougri, protégé de la dureté de l'hiver par une couverture de neige quasi-complète. L'apparition exclusive de Picea abies dans l'ouest de la Scandinavie peu après la déglaciation pourrait laisser entendre que cette espèce a immigré de refuges « cryptiques » de la période glaciaire beaucoup plus près de la Scandinavie qu'on ne le pensait auparavant.


Molting, staging, and wintering locations of Common Eiders breeding in the Gyrfalcon Archipelago, Ungava Bay   /   Savard, J.-P.L.   Lesage, L.   Gilliland, S.G.   Gilchrist, H.G.   Giroux, J.-F.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 197-206, maps
ASTIS record 74018
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The northern common eider (Somateria mollissima borealis) has become a source of concern because of recent declines and possible overharvest. Birds that breed in the Canadian mid-Arctic winter in both Greenland and Canada, but the wintering grounds of birds that breed farther south are unknown. Our objectives were thus to identify the molting and wintering areas of birds breeding in Ungava Bay and to compare their home-range sizes during the pre-molt, molt, post-molt, and winter periods. Using satellite telemetry, we determined that common eiders breeding in the lower Arctic winter in Greenland (67%) and Canada (33%). These proportions are consistent with the split established for common eiders that breed farther north. Females spent their pre-molt period close to their breeding islands and had the smallest home ranges during the molt period. Winter home ranges were larger in Canada than in Greenland, probably because they contained more ice. Once settled, birds wintered in a relatively small area and did not undertake long movements. Distance between molt and winter sites ranged between 1054 and 2173 km. Duration of migration to or from wintering areas varied among individuals from rapid movement in a few days to slow progress over a month. Fall migration occurred in late October or early November, and spring migration, in early to mid-May. This study highlights the importance of Ungava Bay for northern common eiders and the need for international collaboration to ensure sustainable use of the resource.

L'eider à duvet du nord (Somateria mollissima borealis) représente une source de préoccupation en raison de déclins récents et de récoltes susceptibles d'être excessives. Les oiseaux nichant dans la zone arctique moyenne canadienne hivernent au Groenland et au Canada, mais l'aire d'hivernage des oiseaux nichant plus au sud n'est pas connue. Nos objectifs consistaient donc à identifier les aires de mue et d'hivernage des oiseaux nichant dans la baie d'Ungava et de comparer leur aire d'activité lors des périodes de pré-mue, de mue, d'après-mue et d'hiver. Au moyen de la télémétrie satellitaire, nous avons déterminé que l'eider à duvet nichant dans la zone arctique inférieure hiverne au Groenland (67 %) et au Canada (33 %). Ces proportions sont similaires à celles trouvées dans les colonies d'eider à duvet plus nordiques. Les femelles passent la période de la pré-mue près de leurs îles de nidification et sont les plus restreintes en termes d'aire utilisée lors de la période de mue. Les aires d'activité hivernale étaient plus grandes au Canada qu'au Groenland, probablement en raison de la plus grande présence de glaces au Canada. Une fois sur leur site d'hivernage, les oiseaux évoluaient dans une aire relativement petite et n'entreprenaient pas de longs déplacements. La distance entre les sites de mue et d'hivernage variait entre 1 054 et 2 173 kilomètres. La durée de la migration variait d'un individu à l'autre, allant de déplacements rapides sur quelques jours à des déplacements plus lents sur près d'un mois. La migration automnale a débuté à la fin octobre, début novembre et celle du printemps vers le début et la mi-mai. Cette étude met en évidence la grande importance de la baie d'Ungava pour l'eider à duvet du nord de même que le besoin de collaboration internationale pour assurer l'utilisation soutenue de cette ressource.


Economic strategies, community, and food networks in Ulukhaktok, Northwest Territories, Canada   /   Collings, P.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 207-219, ill.
ASTIS record 74019
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This paper examines the social networks of country food sharing in Ulukhaktok, Northwest Territories, Canada, in light of our current understanding of the relationship between climate change and Arctic peoples. Most recent work on the impacts of climate change on Arctic peoples has tended to focus on conceptual frameworks appropriate for this field of inquiry or to document perceived threats of climate change. This research incorporates a social network approach to document the association between different economic strategies (full-time worker, part-time worker, hunter) and categories of kin. It demonstrates that the sharing patterns of hunters favor the cultivation of ties with distant and collateral kin, while those of wage earners favor ties with parents and siblings. These different affiliations point to different vulnerabilities to change. For example, hunters pursue a strategy that provides the flexibility and connections necessary for adapting to changing environmental circumstances but increases their vulnerability to economic and political changes that restrict their ability to generate cash. Wage workers, despite a steady income, are more vulnerable to environmental change as it affects traveling conditions, potential hazards, and hunting success.

Dans ce document, nous nous penchons sur les réseaux sociaux en matière de partage de la nourriture de campagne à Ulukhaktok, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada et ce, à la lumière de notre compréhension actuelle de la relation qui existe entre le changement climatique et les peuples de l'Arctique. Les travaux les plus récents relatifs aux incidences du changement climatique sur les peuples de l'Arctique avaient tendance à se concentrer sur les cadres conceptuels convenant à ce domaine d'enquête ou sur les menaces perçues du changement climatique. Pour sa part, la présente recherche a recours au réseau social pour cerner le lien qui existe entre les différentes stratégies économiques (travailleur à plein temps, travailleur à temps partiel, chasseur) et les catégories de parenté. Nous démontrons que les modèles de partage des chasseurs favorisent la culture de liens avec la parenté distante et la parenté en ligne collatérale, tandis que les salariés favorisent les liens avec les parents, les frères et les soeurs. Ces affiliations différentes laissent entrevoir des vulnérabilités vis-à-vis du changement. Par exemple, les chasseurs adhèrent à une stratégie qui leur donne la souplesse et les liens nécessaires pour s'adapter aux circonstances environnementales changeantes, mais qui accroît leur vulnérabilité en matière de changements d'ordre économique et politique, changements qui restreignent leur aptitude à faire de l'argent. Pour leur part, les salariés, malgré leur revenu stable, sont plus vulnérables au changement environnemental dans la mesure où il a des incidences sur les conditions de déplacement, les risques éventuels et le succès à la chasse.


Reduction of garbage in the diet of non-breeding Glaucous Gulls corresponding to a change in waste management   /   Weiser, E.L.   Powell, A.N.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 220-226, ill., maps
ASTIS record 74020
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Glaucous gulls (Larus hyperboreus) are major predators in the Arctic and may benefit from human development. We studied use of garbage by glaucous gulls in Barrow, Alaska, in 2007, when municipal waste was disposed of in a landfill, and in 2008, when it was incinerated. In both years, diet samples from breeding adult gulls contained less garbage than those from loafing nonbreeding gulls (mostly subadults of less than four years), possibly because the breeding colony was more distant than many loafing sites from the landfills. Although breeding gull samples showed no change, garbage in regurgitated pellets and food remains of nonbreeding gulls was significantly less prevalent in 2008 than in 2007 (28% vs. 43% occurrence in diet samples), and this reduction could be explained by the switch from landfill to waste incineration. Yet garbage remained a substantial part of nonbreeding gull diet after the management change. Other aspects of waste management, such as storage prior to disposal, may also be important in limiting scavengers' access to garbage and thus reducing the indirect impact of human development on prey species of conservation concern.

Dans l'Arctique, le goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) est un important prédateur, et celui-ci pourrait bénéficier du développement humain. Nous nous sommes penchés sur l'utilisation qu'a fait le goéland bourgmestre des déchets à Barrow, en Alaska, en 2007 lorsque les déchets municipaux aboutissaient dans un site d'enfouissement puis en 2008, lorsque les déchets municipaux étaient incinérés. Au cours de ces deux années, les échantillons alimentaires prélevés chez les goélands adultes reproducteurs renfermaient moins de déchets que les échantillons prélevés auprès des goélands non-reproducteurs qui flânaient (des goélands immatures de moins de quatre ans dans la plupart des cas), probablement parce que la colonie de reproduction était plus loin des sites d'enfouissement que des nombreux lieux de flânerie. Bien que les échantillons prélevés chez les goélands reproducteurs ne laissent entrevoir aucun changement, les déchets se trouvant dans les pelotes de régurgitation et les restes d'aliments des goélands non-reproducteurs étaient beaucoup moins considérables en 2008 qu'en 2007 (soit une occurrence de 28 % par rapport à 43 % dans les échantillons alimentaires), réduction qui pourrait être attribuable au fait que les déchets étaient incinérés et non plus enfouis. Pourtant, les déchets constituaient toujours une partie importante du régime alimentaire des goélands non-reproducteurs après que la méthode d'élimination des déchets a subi des changements. D'autres aspects de la gestion des déchets, tels que le stockage des déchets avant leur élimination, pourraient également jouer un rôle important quand vient le temps de restreindre l'accès de ces charognards aux déchets, ce qui aurait pour effet de réduire les incidences indirectes du développement humain sur les espèces de proies suscitant des inquiétudes en matière de conservation.


Resonance strategies of Sámi reindeer herders in northernmost Finland during climatically extreme years   /   Vuojala-Magga, T.   Turunen, M.   Ryyppö, T.   Tennberg, M.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 227-241, ill., maps
ASTIS record 74021
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This study focuses on the resonance strategies of Sámi reindeer herders in four reindeer-herding cooperatives in northernmost Finland in climatically extreme years, specifically those occurring during the period 1970-2007. "Resonance" is an instinctive and indwelling reaction of a herder to a specific change (in contrast to coping, which is a more general response). The study is based on interviews with herders, field experiences, reindeer population statistics, and weather data. Before the 1960s, herders were able to deal with changing weather conditions by using intensive herding techniques and semi-tame reindeer. After the 1960s, reindeer became wilder because of the use of snowmobiles and more extensive herding techniques. The herders of the fell and forest cooperatives did not have sufficient means to prevent the serious reindeer losses in 1972-74, which resulted from two years of hard snow and ice cover, hot summers, and the free ranging of loose herds. In each of the four cooperatives studied, most of the old siida herds were combined, and one solution to handling large, loose herds was to build fences between cooperatives. Since the 1990s, all four cooperatives have used diverse herding and pasture rotation strategies to cope with the critical winter months. The herding techniques and the human-reindeer relationship in the fell cooperatives have differed from those in the forest cooperatives mainly because of differences in pasture types, topography, and microclimate. The contrast can be seen particularly in snow and ice conditions, as open fell regions have a thin and compact snow cover, whereas forest regions typically have deep, soft snow. This research shows that the resonance strategies of Sámi reindeer herders are both heterogeneous and dynamic: herders change them constantly, drawing on both old and new techniques to deal with the variable weather.

La présente étude se penche sur les stratégies de résonance employées par les pasteurs de rennes lapons au sein de quatre coopératives de garde de rennes tout au nord de la Finlande pendant des années extrêmes du point de vue climatique, surtout celles faisant partie de la période allant de 1970 à 2007. La « résonance » est la réaction instinctive et à-demeure d'un pasteur à un changement particulier (par opposition à l'adaptation, qui se veut une réaction plus générale). Cette étude était composée d'entrevues avec les pasteurs, d'expériences sur le terrain, de statistiques relatives à la population de rennes et de données météorologiques. Avant les années 1960, les pasteurs étaient capables de faire face aux conditions climatiques changeantes en recourant à des techniques intensives de garde de troupeaux et à des rennes semi-apprivoisés. Après les années 1960, les rennes sont devenus plus sauvages en raison de l'utilisation des motoneiges et de techniques de garde plus extensives. Les pasteurs des coopératives en abattis et de coopératives en forêts n'étaient pas dotés de moyens suffisants pour prévenir les importantes pertes de rennes qui ont été subies de 1972 à 1974, pertes attribuables à la présence de neige durcie et de couverture de glace pendant deux ans, d'étés chauds et du fait que les troupeaux étaient élevés en liberté. Dans chacune des quatre coopératives ayant fait l'objet de l'étude, la plupart des anciens troupeaux siida étaient mis ensemble, et une solution à la présence de gros troupeaux en liberté consistait à installer des clôtures entre les coopératives. Depuis les années 1990, les quatre coopératives ont eu recours à diverses stratégies de garde des troupeaux et de rotation des pâturages pour s'adapter aux mois critiques de l'hiver. Les techniques de garde des troupeaux et la relation qui existe entre l'être humain et le renne dans les coopératives en abattis diffèrent des techniques employées au sein des coopératives en forêts principalement en raison des différences caractérisant les types de pâturage, la topographie et le microclimat. Le contraste se voit particulièrement bien sur le plan des conditions de neige et de glace, les régions d'abattis ayant une couverture de neige mince et compacte, tandis que les régions de forêts ont généralement de la neige épaisse et molle. Cette étude démontre que les stratégies de résonance des pasteurs de troupeaux de rennes lapons sont à la fois hétérogènes et dynamiques : les pasteurs modifient constamment leurs stratégies et ce, en faisant appel à d'anciennes et de nouvelles techniques pour faire face au temps variable.


Perception of the importance of traditional country foods to the physical, mental, and spiritual health of Labrador Inuit   /   Pufall, E.L.   Jones, A.Q.   McEwen, S.A.   Lyall, C.   Peregrine, A.S.   Edge, V.L.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 242-250
ASTIS record 74022
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Country foods play an integral role in Inuit life by providing nutrition and a spiritual connection to the land. However, they can harbour foodborne pathogens, such as zoonotic parasites or bacteria, which can cause disease in humans who consume contaminated meat that has been inadequately cooked. Given the heavy reliance of Inuit on subsistence living, it is important to have a clear understanding of the relative safety of these foods and the role that they play in a changing Inuit society. This community-based participatory research project involved Inuit residents of Nain, Nunatsiavut, Canada. Data on Inuit perceptions of the role, importance, and safety of country foods were collected during a series of interviews with focus groups and key informants. Despite the extremely positive views they expressed about country foods and the connections they provide to the land, community, and past, participants had major concerns about human expansion in the North, mining operations, chemical contamination, and the impact of these issues on animals and the food harvested from those animals. Also of concern was a perceived decrease in the importance of country food in their community in general, and specifically among children. These findings provide an understanding of Nunatsiavut residents' perceptions that is essential to planning effective, culturally appropriate dissemination of public health messages about the safe consumption of country foods.

La nourriture de campagne revêt une grande importance dans la vie des Inuits car elle présente à la fois une source de nutrition de même qu'un attachement spirituel à la terre. Cependant, cette nourriture peut être assortie de pathogènes d'origine alimentaire prenant notamment la forme de parasites ou de bactéries zoonotiques qui peuvent entraîner des maladies chez l'être humain qui consomme de la viande contaminée dont la cuisson n'est pas adéquate. Étant donné la grande dépendance des Inuits par rapport à l'alimentation de subsistance, il est important de bien comprendre la salubrité relative de ces aliments et du rôle qu'ils jouent au sein de la société inuite en pleine évolution. Ce projet de recherche communautaire a fait appel à des habitants inuits de Nain, Nunatsiavut, au Canada. Des données relatives aux perceptions des Inuits sur le rôle, l'importance et la salubrité de la nourriture de campagne ont été recueillies dans le cadre d'une série d'entrevues réalisées auprès de groupes de discussion et d'intervenants-clés. Malgré les points de vue extrêmement positifs exprimés au sujet de la nourriture de campagne et de l'attachement qu'elle procure à la terre, à la collectivité et au passé, les participants ont exprimé de grandes préoccupations à propos de l'expansion humaine dans le Nord, de l'exploitation minière, de la contamination chimique et de l'incidence de ces enjeux sur les animaux et les sources de nourriture provenant de ces animaux. Par ailleurs, ils s'inquiétaient de la diminution perçue de l'importance de la nourriture de campagne au sein de leur communauté en général, plus précisément chez les enfants. Ces constatations permettent de comprendre les perceptions des habitants de Nunatsiavut, ce qui est essentiel à une planification efficace et à la dissémination culturellement appropriée des messages de santé publique au sujet de la consommation sécuritaire de la nourriture de campagne


Ernest S. (Tiger) Burch, Jr. (1938-2010)   /   Pratt, K.L.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 261-262, ill.
ASTIS record 74023
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On 16 September 2010, the field of northern anthropology lost its most renowned ethnologist with the unexpected passing of Ernest S. (Tiger) Burch, Jr., who died at his home in Camp Hill, Pennsylvania, at age 72. Known almost universally as "Tiger," he was a passionate and meticulous researcher, an extremely productive and influential scholar, and a "professional" in the very best sense of the word. ... Born in New Haven, Connecticut, on 17 April 1938, Tiger was the eldest of three children of Elsie Lillard Burch and the late Ernest S. Burch, Sr. Tiger's formal academic resume included a bachelor's degree in Sociology from Princeton University (BA, 1960), graduate degrees in Anthropology from the University of Chicago (MA, 1963; PhD, 1966), and service as associate professor and chair in the Department of Anthropology at the University of Manitoba (1966-74). After leaving the halls of academia, in 1979 Tiger became a research associate at the Smithsonian Institution and its Arctic Studies Center in Washington, D.C. He retained the Smithsonian affiliation for the rest of his life; however, it was non-paid, so he was actually an independent researcher for the last 30+ years of his career, producing the majority of his anthropological work in his home office and without institutional support. ... Burch's work was characterized by deliberate purpose, exhaustive research (with an intense interest in archival records), critical attention to detail, and precise writing. ... Tiger possessed great self-confidence but even greater humility; he never deluded himself into thinking he was incapable of error or had nothing left to learn. ... Burch's candor in admitting his own mistakes was intended to help others avoid their replication, thereby contributing to the advancement of social scientific research. ... Tiger never sought the spotlight and appeared uncomfortable when it shone on him, which it often did. His accomplishments were formally recognized by his peers on two notable occasions: he received the Alaska Anthropological Association's "Professional Achievement Award" in 2003 and the "Life Achievement Award" of the International Congress of Arctic Social Scientists in 2008. A festschrift to Tiger is in progress and should be completed in 2012; it will further highlight his enormous influences in the realm of Arctic social sciences. ...


A matter of good fortune? The grounding of the Clipper Adventurer in the Northwest Passage, Arctic Canada   /   Stewart, E.J.   Dawson, J.
Arctic, v. 64, no. 2, June 2011, p. 263-267, ill.
ASTIS record 74024
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... Because of its hazardous ice conditions, the Canadian Arctic was a latecomer to the burgeoning polar cruise industry: the first cruise was offered in 1984. Since 2006, some regions, especially the Northwest Passage, have witnessed considerable growth in this sector. Despite this growth, cruise operators in Arctic Canada have kept a good human safety profile, although there is a "lengthy record and anecdotal history of groundings and other bumbles" (Jones, 1999:31). In August 1996, for example, the Hanseatic ran aground in the Simpson Strait, perforating two of the ship's fuel reservoirs, and all 153 passengers had to be evacuated by helicopter (Grenier, 2004). The latest of these incidents came in August 2010, when the Clipper Adventurer grounded on an underwater cliff in Coronation Gulf in the Northwest Passage. Although there was no loss of life or environmental catastrophe, the incident showed the stark reality of the individual, cultural, and environmental risks associated with polar travel, and it should send a warning to decision makers about the complexities of managing and governing cruise activities in Arctic waters. After an overview of Arctic cruise trends in Canada, we explore briefly what happened to the Clipper Adventurer during the summer of 2010 and comment on the implications of that incident for the governance of cruise tourism in Arctic Canada, particularly in relation to safety issues ...


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