AINA Logo
Publications

 


Historical analysis of sea ice conditions in M'Clintock Channel and the Gulf of Boothia, Nunavut : implications for ringed seal and polar bear habitat   /   Barber, D.G.   Iacozza, J.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 1-14, ill., maps
ASTIS record 53442
PDF

Sea ice is an integral part of the marine ecosystem in the Arctic and important habitat for ringed seals and polar bears. To study changes in sea ice characteristics indicative of ringed seal habitat (and linked, through predator/prey relationships, to polar bear habitat), we examined historical changes in sea ice concentration and type within M'Clintock Channel and the Gulf of Boothia, two regions of the Canadian Arctic Archipelago, during 1980-2000. Results suggest large interannual variability in winter ice conditions over the 21-year study period. In M'Clintock Channel, first-year ice types dominated consistently, while in the Gulf of Boothia, thick ice types dominated in some years. For breakup and consolidation, the regional spatial patterns differed significantly, occurring in opposite directions (N-S vs. S-N) in the two regions. The dates showed considerable interannual variability in both regions, suggesting no clear pattern of either earlier breakup or later consolidation. Analysis of satellite data confirmed the results obtained from digital ice charts. Ringed seal habitat suitability indices (HSI) indicate that both regions contained primary, secondary, and tertiary HSI classes. No trends were evident in the secondary or tertiary classes, but changes in the primary class were evident in M'Clintock Channel over the five-year period 1997-2001. Dynamic and thermodynamic sea ice processes are important to ringed seal habitat (and ultimately, polar bear habitat) at regional and hemispheric scales in the current context of climate variability and change.

La glace de mer fait partie intégrante de l'écosystème marin de l'Arctique et constitue un important habitat pour le phoque annelé et l'ours polaire. Au cours des années comprises entre 1980 et 2000, afin d'étudier les changements dans les caractéristiques de glace marine dénotant un habitat de phoque annelé (et donc associé à un habitat d'ours polaire par l'intermédiaire de la relation prédateur / proie), on a examiné des changements historiques dans la concentration et le type de glace de mer à l'intérieur du détroit de M'Clintock et du golfe de Boothia, deux régions de l'archipel Arctique canadien. Les résultats suggèrent qu'il existe une grande variabilité interannuelle dans les conditions de glace d'hiver sur cette période de 21 ans. Dans le détroit de M'Clintock, les types de glace de l'année prédominaient de façon constante, tandis que dans le golfe de Boothia, ceux de glace épaisse prédominaient certaines années. En ce qui concerne la débâcle et la consolidation, les schémas spatiaux régionaux différaient sensiblement, se produisant dans des directions opposées (N.-S. c. S.-N.) dans les deux régions. Les dates révèlent une variabilité interannuelle considérable dans les deux zones, ce qui suggère qu'il n'existe pas de schémas précis de débâcle précoce ou de consolidation tardive. L'analyse de données satellitaires a confirmé les résultats obtenus à partir de cartes numériques des glaces. Les indices de qualité des habitats du phoque annelé montrent que les deux régions renferment des classes d'habitat primaire, secondaire et tertiaire. On n'a décelé aucune tendance dans les classes secondaire ou tertiaire, mais des changements pour la classe primaire étaient évidents dans le détroit de M'Clintock au cours des cinq années comprises entre 1997 et 2001. Les processus dynamiques et thermodynamiques de la glace de mer sont importants pour l'habitat du phoque annelé (et, en bout de ligne, pour celui de l'ours polaire) à l'échelle régionale et hémisphérique dans le contexte actuel de la variabilité et du changement climatiques.


Polar bear distribution and abundance on the southwestern Hudson Bay coast during open water season, in relation to population trends and annual ice patterns   /   Stirling, I.   Lunn, N.J.   Iacozza, J.   Elliott, C.   Obbard, M.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 15-26, ill., maps
ASTIS record 53443
PDF

In Hudson Bay, all the ice melts in summer, and the last areas to be ice-free (around mid-to-late July) are usually off the coasts of Manitoba and Ontario. Thus, all polar bears are forced ashore to fast until freeze-up in November (ca. four months). Pregnant females remain ashore for eight months. In most years from 1963 through 1997, aerial surveys to monitor polar bear populations were conducted along all or part of the coastline between Cape Churchill, Manitoba, and Cape Henrietta Maria, Ontario, in late August and early September. Satellite data, from which breakup and ice absence times could be estimated, first became available in 1971. The numbers of animals counted were tallied in two subareas within Manitoba and three within Ontario. We evaluated the coastal counts, along with independent data on the movements of tagged bears and annual patterns of ice breakup from 1971 through 1996. We concluded that 1) the coastal survey data reliably indicated the population trends in Manitoba and Ontario; 2) little exchange occurred between the Western Hudson Bay (Manitoba) and Southern Hudson Bay (Ontario) populations; 3) between 1971 and 2001, there was a statistically significant trend toward earlier breakup of sea ice off the Manitoba coast, but not off the Ontario coast; 4) the onset of ice absence along the coast had no significant relationship to the number of bears present in each sub-sampling area within either the Manitoba or the Ontario population, but did significantly influence the distribution of bears on the coastline of each province independently of the other; 5) timing of the surveys can influence the results; and 6) adult male and female bears both showed a high degree of fidelity to specific areas during summer, independent of the pattern of ice breakup.

Dans la baie d'Hudson, toute la glace fond en été, et les dernières zones à être non englacées (du milieu à la fin de juillet environ) se trouvent généralement au large des côtes du Manitoba et de l'Ontario. Ainsi, tous les ours polaires sont forcés de rester sur la terre ferme et de jeûner jusqu'à l'engel en novembre (soit environ quatre mois). Les femelles gravides, elles, restent sur la terre ferme pendant huit mois. Presque chaque année entre 1963 et 1997, à la fin août et au début de septembre, on a effectué des relevés aériens pour surveiller les populations d'ours polaires le long du littoral entre Cape Churchill, au Manitoba, et Cape Henrietta-Maria, en Ontario. Les données satellitaires, qui ont permis d'estimer la période de la débâcle et celle de l'absence de glace, sont devenues disponibles à partir de 1971. Le nombre d'animaux repérés a été inventorié comme provenant de deux sous-zones à l'intérieur du Manitoba et de trois à l'intérieur de l'Ontario. On a évalué le dénombrement des relevés côtiers ainsi que des données indépendantes sur les déplacements d'ours marqués et les schémas annuels de débâcle de 1971 à la fin de 1996. On en a conclu que: 1) les données des relevés côtiers révélaient de façon fiable les tendances démographiques au Manitoba et en Ontario; 2) il n'y avait que peu d'échanges entre les populations de la baie d'Hudson occidentale (Manitoba) et de la baie d'Hudson méridionale (Ontario); 3) entre 1971 et 2001, il y a eu une tendance statistiquement significative à une débâcle précoce au large du littoral manitobain, mais pas au large du littoral ontarien; 4) le début de l'absence de glace le long de la côte n'avait pas de lien marqué avec le nombre d'ours présents dans chaque secteur de sous-échantillonnage, au sein de la population du Manitoba ou de celle de l'Ontario, mais cette absence de glace avait une forte incidence sur la distribution des ours le long de la côte de chaque province indépendamment l'une de l'autre; 5) le choix de l'époque des relevés peut influencer les résultats; et 6), durant l'été, les ours mâles comme femelles manifestaient une grande fidélité pour des secteurs spécifiques, indépendamment de l'évolution de la débâcle.


Evidence of population decline in Common Eiders breeding in western Greenland   /   Merkel, F.R.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 27-36, 2 maps
ASTIS record 53444
PDF

In the Arctic, there is great concern for several eider populations, including the northern common eider (Somateria mollissima borealis) breeding in Canada and Greenland. In 1998-2001, extensive ground surveys were conducted on 937 potential nesting islands in West Greenland, covering most of the districts of Ilulissat, Uummannaq, and Upernavik (69°15' N to 74°05' N). On 216 islands within 106 eider colonies, 4097 ±468 active nests were identified. In 15 colonies where comparable and well-documented surveys were conducted approximately 40 years ago, the study shows a population decline of 81% (from 3361 to 624 nests). A rough comparison shows that of 51 eider colonies surveyed in 1920, 1960, or 1965, 71% either were gone or had declined in breeding numbers when resurveyed in 1998-2001. At the colony level, the 1998-2001 surveys revealed large year-to-year variations in nesting numbers. The reason for the overall decline is not clear. However, there is circumstantial evidence that harvest of common eiders in West Greenland is a key factor. The results urgently call for more cautious management of the northern common eider population.

On se préoccupe beaucoup dans l'Arctique de plusieurs populations d'eiders, y compris l'eider à duvet (Somateria mollissima borealis) qui se reproduit au Canada et au Groenland. De 1998 à 2001, on a procédé à de vastes relevés au sol sur 937 îles susceptibles d'abriter des nids dans l'ouest du Groenland, une zone qui recouvrait la plupart des districts d'Ilulissat, d'Uummannaq et d'Upernavik (69° 15' de latit. N. à 74° 05' de latit. N.) Sur 216 îles situées à l'intérieur de 106 colonies d'eiders, on a identifié 4097 ± 468 nids actifs. Dans 15 colonies où des relevés comparables et bien documentés ont été effectués il y a 40 ans, l'étude révèle une baisse de la population de 81 % (soit de 3361 à 624 nids). Une première comparaison montre que des 51 colonies d'eiders étudiées en 1920, 1960 ou 1965, 71 % avaient soit disparu, soit enregistré une baisse du nombre de paires lors des nouveaux relevés effectués entre 1998 et 2001. Au niveau de la colonie, ces derniers relevés montraient d'importantes variations interannuelles dans le nombre de nids. La raison de la baisse globale n'est pas très claire, mais certains indices prouvent que le prélèvement de l'eider à duvet dans l'ouest du Groenland est un facteur clé. Les résultats appellent à une plus grande prudence dans la gestion de la population de l'eider à duvet, et ce, au plus vite.


Two new species of Monstrillopsis Sars (Crustacea: Copepoda: Monstrilloida) from the White Sea and Norway, with comments on M. dubia Scott   /   Suárez-Morales, E.   Ivanenko, V.N.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 37-46, ill., 1 map
ASTIS record 53445
PDF

A new species of monstrilloid copepod, Monstrillopsis ferrarii n. sp., based on four adult female specimens collected in the White Sea, northern Russia, is described and illustrated. The new species is most closely related to M. dubia Scott from Scotland and the Mediterranean and M. dubia (sensu Sars, 1921) from Norwegian fjords. The latter is considered to represent a distinct species, described herein as M. dubioides n. sp. It differs from M. dubia in characters related to antennule length compared to body length, but mainly to the shape and relative size of the genital double somite and other urosomal somites. Records of M. dubia in Norway and off Lisbon are referable to M. dubioides n. sp. On the other hand, M. ferrarii n. sp. differs from M. dubia, M. dubioides, and the other species of the genus by a combination of characters, including 1) two rounded protuberances in the cephalic area, flanking the ocelli; 2) a wide zone of transverse cuticular striations encircling the cephalic area; 3) very long exopodal setae on the fifth legs, with no distal elongation of the exopodal lobe beyond the setal bases; 4) a relatively long genital double somite with the margins of the anterior half produced laterally; and 5) the nearly equal sizes of the anal somite and the preceding somite. It is considered that M. dubia and related forms represent a species complex with subtle morphological differences and a wide distribution. This is the first record of a species of Monstrillopsis in Russia and the sixth species of this order to be recorded in polar environments.

On décrit et illustre une nouvelle espèce de copépode de la famille des monstrillidés, Monstrillopsis ferrarii n. sp., établie d'après quatre spécimens femelles adultes prélevés dans la mer Blanche (Russie septentrionale). Cette nouvelle espèce est très proche de M. dubia Scott qui vit au large de l'Écosse et en Méditerranée, et de M. dubia (sensu Sars, 1921) présente dans les fjords norvégiens. On considère que cette dernière représente une espèce distincte, décrite ici sous le nom de M. dubioides n. sp. Elle se différencie de M. dubia par certains éléments liés à la longueur de l'antennule par rapport à la longueur corporelle, mais surtout par la forme et la taille relative du double somite génital et d'autres segments de l'urosomite. Les observations de M. dubia en Norvège et au large de Lisbonne portent en fait sur M. dubioides n. sp. D'un autre côté, M. ferrarii n. sp. se différencie de M. dubia, M. dubioides et des autres espèces appartenant à ce genre par une combinaison de caractéristiques qui comprennent: 1) deux protubérances arrondies dans la zone céphalique, situées de part et d'autre des ocelles; 2) une large zone de stries cuticulaires transversales entourant la partie céphalique; 3) de très longues soies exopoditiques sur la cinquième paire de pattes, sans élongation distale du lobe de l'exopodite au-delà de la partie basilaire des soies; 4) un double somite génital relativement long dont les bords de la moitié antérieure se développent latéralement; et 5) une taille presque similaire du somite anal et du somite qui le précède. On considère que M. dubia et les formes apparentées représentent une espèce complexe qui témoigne de différences morphologiques subtiles et d'une large distribution. Il s'agit là de la première observation de Monstrillopsis en Russie et de la sixième espèce de cet ordre à être observée dans un environnement polaire.


Population estimate for the Bluenose-East caribou herd using post-calving photography   /   Patterson, B.R.   Olsen, B.T.   Joly, D.O.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 47-56, ill., maps
ASTIS record 53446
PDF

Genetic and spatial analyses suggest that what was previously described as the Bluenose herd of barren-ground caribou (Rangifer tarandus groenlandicus) comprises three separate populations. Of these, the Bluenose-East caribou herd (BECH) has received little coverage in past surveys. Existing estimates of abundance suggested that current harvest rates of Bluenose-East caribou (~5000 animals/year) might be excessive. We used post-calving photography in June-July 2000 to estimate the size of the BECH. A maximum of 33 radio-collared caribou were available for location in June 2000. We located 30 of these caribou and photographed distinct groups containing 23 collared individuals. Excluding caribou assumed to belong to the neighboring Bluenose-West herd, we photographed a minimum of 84 412 adult and 4193 calf caribou. Using a simple mark-recapture model to account for caribou associated with collared individuals not photographed, we calculated an estimate of 104 000 ± 22 100 (95% CI 84 412 - 126 100) non-calf caribou. A recently published stochastic model produced a considerably higher and more variable estimate of 208 700 (95% CI 112 600 - 474 700). In March 2001, we deployed seven more radio collars in anticipation of repeating the census in 2001, but poor weather conditions precluded the formation of large aggregations. Present densities of Bluenose-East caribou seem high, and we recommend regular monitoring of body condition to assess the potential for a forage-induced population crash.

Des analyses génétiques et spatiales suggèrent que ce que l'on a décrit précédemment comme le troupeau de caribous des toundras Bluenose (Rangifer tarandus groenlandicus) est en fait composé de trois populations distinctes. De ces trois hardes, le troupeau de caribous Bluenose de l'Est (TCBE) n'a pas reçu beaucoup d'attention au cours des relevés antérieurs. Les estimations d'abondance qui existent ont suggéré que le taux de prélèvement actuel de ce caribou (~ 5000 animaux/an) pourrait être excessif. On a eu recours à des clichés pris immédiatement après la mise bas en juin-juillet 2000 pour évaluer la taille du TCBE. En juin 2000, un maximum de 33 caribous munis de colliers émetteurs étaient disponibles pour la localisation. On en a repéré 30 et on a photographié des groupes distincts contenant 23 individus équipés de colliers émetteurs. Si l'on exclut les caribous qui feraient partie de la harde voisine Bluenose de l'Ouest, on a photographié un minimum de 84 412 adultes et 4193 veaux. En utilisant un simple modèle de marquage-recapture pour tenir compte des caribous reliés aux individus munis de colliers émetteurs non photographiés, on en arrive à une estimation du nombre de caribous excluant les veaux de 104 000 ± 22 100 (intervalle de confiance de 95 %: 84 412 - 126 000). Un modèle probabiliste publié récemment a donné une estimation nettement plus élevée et plus variable de 208 700 (intervalle de confiance de 95 %: 112 600 - 474 700). En mars 2001, on a eu recours à sept colliers émetteurs supplémentaires en prévision d'une reprise du recensement en 2001, mais le mauvais temps a empêché la formation de grands regroupements. Les densités actuelles du caribou Bluenose de l'Est semblent élevées, et on recommande une surveillance continue de l'état corporel afin d'évaluer le potentiel d'un effondrement de la population dû à un manque de fourrage.


Implications of warm temperatures and an unusual rain event for the survival of ringed seals on the coast of southeastern Baffin Island   /   Stirling, I.   Smith, T.G.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 59-67, ill., maps
ASTIS record 53447
PDF

We recorded an unusually warm period in early April 1979 along the coastline at the end of the Hall Peninsula on southeastern Baffin Island, Nunavut. Maximum temperatures remained at or above freezing for almost a week, and rain fell on our field camp on three consecutive days. In contrast, meteorological data collected from three nearby coastal stations (Brevoort Island, Cape Dyer, and Resolution Island) between 1950 and 1992 indicated that the mean minimum and maximum air temperatures for the month of April are normally 10-20°C cooler than the averages we recorded at our camp. Periodic warming to near freezing, probably due to the maritime influence of nearby open water in Davis Strait, occurs in this area in late March and early April, but not usually to the degree we observed. Between 1950 and 1992, additional similar rain events were recorded only twice at the coastal weather stations. In late March, we found slumped roofs over some ringed seal (Phoca hispida) birth lairs and others that had collapsed, probably because of four days of weather only slightly below freezing and heat generated by seals within the lairs. After the rain in April, we found subnivean lairs with melted roofs, and several snowdrifts that had previously contained lairs were completely washed away. Newborn pups were left lying on the bare ice, subject to thermoregulatory stress and vulnerable to significantly increased predation by polar bears (Ursus maritimus) and arctic foxes (Alopex lagopus). If the climate continues to warm in the Arctic, as is predicted, it is likely that rain will be more widespread during early spring. If that occurs, the premature removal of protection offered by subnivean birth lairs may expose young ringed seal pups to high levels of predation, which may negatively affect populations of ringed seals and the polar bears that depend on them for food.

Au début d'avril 1979, on a enregistré une période anormalement tempérée le long du littoral aux confins de la péninsule Hall dans le sud-est de l'île Baffin, au Nunavut. Les températures maximales sont restées au niveau du point de congélation ou au-dessus pendant presque une semaine, et il a plu sur notre campement trois jours de suite. À titre de comparaison, les données météorologiques recueillies entre 1950 et 1992 à trois stations côtières situées à proximité immédiate (Brevoort Island, Cape Dyer et Resolution Island) indiquent que la moyenne des températures minimales et maximales de l'air pour le mois d'avril est normalement de 10 à 20°C plus froide que celle enregistrée à notre campement. Fin mars et début avril, il se produit dans la région un réchauffement périodique se rapprochant du point de congélation, dû probablement à l'influence maritime des eaux libres toutes proches du détroit de Davis, mais pas en général au niveau que nous avons observé. Entre 1950 et 1992, on n'a remarqué que deux fois d'autres épisodes pluvieux similaires aux stations météorologiques côtières. À la fin mars, on a trouvé des toits de tanières de mise bas de phoques annelés (Phoca hispida) affaissés et d'autres effondrés, probablement en raison de la température qui était restée juste au-dessous du point de congélation pendant quatre jours et de la chaleur dégagée par les phoques à l'intérieur des tanières. Après la pluie en avril, on a trouvé des tanières subnivales dont le toit avait fondu, et plusieurs amoncellements de neige qui abritaient auparavant des tanières avaient été complètement emportés. Les phoques nouveau-nés gisaient sur la glace vive, sujets au stress lié à la thermorégulation et exposés à une prédation beaucoup plus grande de la part des ours polaires (Ursus maritimus) et des renards arctiques (Alopex lagopus). Si, comme on le prédit, le climat continue de se réchauffer dans l'Arctique, la pluie sera vraisemblablement plus généralisée au début du printemps. Si c'est le cas, le retrait prématuré de la protection fournie par les abris subnivaux pourrait exposer les petits phoques à de hauts niveaux de prédation, affectant ainsi de façon négative les populations de phoques annelés, et donc celles des ours polaires qui en dépendent pour se nourrir.


Climate change and sea ice : local observations from the Canadian western Arctic   /   Nichols, T.   Berkes, F.   Jolly, D.   Snow, N.B.   Sachs Harbour (N.W.T.)
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 68-79, ill., maps
ASTIS record 53448
PDF

Can local observations and indigenous knowledge be used to provide information that complements research on climate change? Using participatory research methodology and semi-directed interviews, we explored local and traditional knowledge about changes in sea ice in the area of Sachs Harbour, Northwest Territories. In this small Inuvialuit community, we interviewed all of the 16 community members and elders considered to be local experts on sea ice to ask about their observations. We organized their comments under the headings multiyear ice, first-year ice, fractures and pressure ridges, breakup and freeze-up seasons, and other climate-related variables that influence sea ice (such as changes in winter, spring and summer temperatures, wind, rain, and thunderstorms). Observations were remarkably consistent in providing evidence of local change in such variables as multiyear ice distribution, first-year ice thickness, and ice breakup dates. The changes observed in the 1990s were said to be without precedent and outside the normal range of variation. In assessing the relevance of Inuvialuit knowledge to scientific research on climate change, we note some of the areas in which sharing of information between the two systems of knowledge may be mutually beneficial. These include the analysis of options for adapting to climate change and the generation of research questions and hypotheses for future studies.

Est-ce que les observations locales et le savoir des Autochtones peuvent aider à fournir de l'information complétant la recherche sur le changement climatique? En faisant appel à une méthodologie de recherche participative et des entrevues semi-dirigées, on a examiné le savoir local et traditionnel concernant les changements de la banquise dans la région de Sachs Harbour (Territoires du Nord-Ouest). Dans cette petite communauté inuvialuite, on a interviewé les 16 membres et aînés de la communauté considérés comme des experts locaux de la banquise pour les interroger sur leurs observations. On a organisé leurs commentaires sous les rubriques suivantes: glace pluriannuelle, glace de l'année, crêtes de fractures et de pression, saisons de débâcle et d'engel, ainsi que d'autres variables reliées au climat qui influencent la banquise (comme les changements dans les températures hivernale, printanière et estivale, le vent, la pluie et les orages). Il y avait une concordance frappante dans les observations quant aux preuves de changements à l'échelle locale dans des variables comme la distribution de la glace pluriannuelle, l'épaisseur de la glace de l'année et les dates de la débâcle. Les changements observés au cours des années 1990 étaient, selon les Autochtones, sans précédent et ils dépassaient la gamme normale des variations. En évaluant la pertinence du savoir des Inuvialuits pour la recherche scientifique sur le changement climatique, on souligne certains des domaines dans lesquels le partage de l'information entre les deux systèmes de savoir pourrait être mutuellement profitable. Ces domaines comprennent l'analyse des options visant l'adaptation au changement climatique et la formulation de questions et hypothèses de recherche pour des études ultérieures.


Changes in the seasonal cycle in the circumpolar Arctic, 1976-95 : temperature and precipitation   /   Whitfield, P.H.   Hall, A.W.   Cannon, A.J.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 80-93, ill., maps
ASTIS record 53449
PDF

The Arctic is one region where the effects of global climate change are expected to be easy to observe. This study identifies regions in the circumpolar Arctic that have experienced similar changes in the seasonal cycle of temperature and precipitation over recent decades. Data from Arctic and northern nations have been compiled to form a new data set of over 1200 circumpolar Arctic climate stations. Changes in the seasonal cycle between two decades (1976-85 and 1986-95) are examined for the 247 temperature and 555 precipitation stations that meet specific completeness criteria. Inter-decadal shifts are analyzed using 11-day averages of daily mean temperature and 5-day averages of total daily precipitation. Examined at time-steps finer than annual or monthly means, climatic variations in the region are not consistent either through the seasons or across space. Some areas have demonstrated recent increases in temperature or precipitation, while others have displayed decreases in these elements. Many areas reveal climatic shifts in specific periods of the year that contrast markedly with the trends observed in other periods and other places.

L'Arctique est une région où il devrait être relativement facile d'observer les effets du changement climatique mondial. Cette étude inventorie les régions de l'Arctique circumpolaire qui ont connu des changements similaires dans le cycle saisonnier de température et de précipitation au cours des dernières décennies. Des données provenant de nations de l'Arctique et du Nord ont été compilées en vue de créer un nouvel ensemble de données issues de plus de 1200 stations climatiques de l'Arctique circumpolaire. On examine les changements dans le cycle saisonnier entre deux décennies (1976-1985 et 1986-1995) pour les 247 stations de température et les 555 stations hyétométriques qui répondent aux critères spécifiques d'intégralité. On analyse les décalages entre les deux décennies en utilisant les moyennes sur 11 jours de la température quotidienne moyenne, ainsi que les moyennes sur cinq jours de la précipitation quotidienne totale. Si on les examine à des pas de temps plus petits que les moyennes annuelles ou mensuelles, les variations climatiques dans la région ne sont pas cohérentes, que ce soit en fonction des saisons ou de l'espace. Certaines zones ont affiché de récentes hausses de température ou de précipitation, tandis que d'autres ont enregistré des baisses de ces mêmes paramètres. Un grand nombre de régions montrent des changements de climat durant des périodes spécifiques de l'année, changements qui contrastent de façon très nette avec les tendances observées à d'autres moments et en d'autres lieux.


An early tree-line experiment by a wilderness advocate : Bob Marshall's legacy in the Brooks Range, Alaska   /   Wilmking, M.   Ibendorf, J.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 106-109, ill.
ASTIS record 53450
PDF

... Already in the 1930s, Bob Marshall was working on the question of the tree line and tree-line advance in the Koyukuk country of northern Alaska's Brooks Range. His theory was that trees did not have enough time after the last glaciation to occupy their potential growth range. The seed dispersal mechanism, in his view, prevented a fast advance of white spruce into tundra. He calculated the advancement rate of the northern tree line at 1 km per 150 years .... This was, as we now know, a strong underestimation. To test his hypothesis, Marshall sowed white spruce seeds north of the tree line in three separate watersheds (Grizzly Creek, Barrenland Creek, and Kinnorutin Creek). Here we present the rediscovery in 2001 of one of his plots - Barrenland Creek. ...


Science lectures in the Arctic's "Science City" : Barrow, Alaska   /   George, J.C.   Jensen, A.M.
Arctic, v. 57, no. 1, Mar. 2004, p. 110-111
ASTIS record 53451
PDF

... Beginning in spring 2002, the Science division of the Utqiagvik Iñupiat Corporation (UIC), Barrow's local village corporation, took over the renovated original powerhouse building at the Northern Arctic Research Laboratory, formerly the Naval Arctic Research Laboratory (NARL). The newly named UIC Science Center, about three miles north of Barrow, has become the venue for a number of programs. One is the Barrow Schoolyard lecture series, funded under the Long-term Ecological Research (LTER) program of the National Science Foundation, which includes a science-education outreach component. Toolik Station, an LTER base on Alaska's North Slope, did not have a community associated with it. Under the urging of Dr. Jerry Brown, Barrow was appointed as the location for the Schoolyard Project. The program teams scientists with local teachers for public presentations of the researchers' projects or areas of interest, and is administered by the Barrow Arctic Science Consortium (BASC). ... A main objective of the Schoolyard Project talks is to make them attractive to students. The Schoolyard funds have also been used to sponsor an ongoing series of tundra experiments involving small greenhouses and fertilizers, similar to those being run at Toolik Lake. ... While it is too soon to measure results, clearly the injection of high-quality science into the community will have a positive effect on science education in the local schools. The hope of NSF and the local scientists is to make science accessible and useful to the community and to stimulate young people to consider a career in science.


© Arctic Institute of North America. Records from this database may be used freely for research and educational purposes, but may not be used to create databases or publications for distribution outside your own organization without prior permission from ASTIS.